Céphalophore

Publié le par Gaston Eugéniste

La nuit est noire et le bruit blanc
Des feuilles bercées par le vent
Emplit toutes les dimensions
Loin de l'asphalte et du béton
Par delà les rives du Styx
Jusqu'à travers la sphère des fixes
De l'humus aux constellations
Se déploie son exaltation

Il fut l'agneau parmi les lions
Relevé de sa dormition
Il est le saint céphalophore
À jamais vivant dans la mort

Quand tous les mutants incomplets
Font face à la sérénité
D'un homme dans sa finitude
L'aveuglement est bien moins rude
Que de reconnaitre l'erreur
Hélas, pour leur plus grand malheur
La chair à vif, les os brisés
Ne changent pas le faux en vrai

Il fut la voix de la raison
Offrant l'antidote au poison
Il est le saint céphalophore
À jamais vivant dans la mort

Nul n'ébranle les fondations
Des piliers de la création
Et le châtiment tellurique
Emportera les hérétiques
La mémoire des innocents
Restera tachée par le sang
Hantée par la voix du martyr
Portée à eux par le zéphyr

Publié dans Poèmes

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