De la Canche à l'Authie

Publié le par Gaston Eugéniste

De la Canche à l'Authie
Des corps à la dérive
S'échouent en grappes noires
De goémon humain
Ces tas de chairs putrides
Que tous les crabes esquivent
Constelleront les plages
Pour de nombreux matins

Sur les digues s'amassent
Les riverains inquiets
Scrutant, pupille lasse,
Tentant de déceler
Qui un frère, un ami,
Qui un père, un amant
Pour sauver de l'oubli
Quelque vieux sentiment

Mais bientôt les bulots
Auront sucé les os
Qui, moulus par le vent,
Feront le sable blanc
Où joueront les enfants
Les yeux vers le Ponant
Où l'aqueux cimetière
Retient pères et mères

Publié dans Poèmes

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Alice-Gabrielle Maline de Sainte-Florentine 13/09/2012 10:46

Vous avez donc 143 ans cher Gaston. Officiellement 15 ans de plus que moi. Sauf que je dis aux gens que j'ai 128 ans pour qu'ils ne prennent pas peur. C'est le chiffre qui figure sur mon extrait de
naissance. Mais tout comme vous pouvez écrire en étant officiellement mort, je suis beaucoup, beaucoup, beaucoup plus âgée que mon âge officiel.
Mais si je vous disais comment un tel miracle est possible, je serai obligée de vous tuer.

Et comme vous le savez, on ne tue pas les cadavres.

Quoique...

Gaston Eugéniste 15/09/2012 15:30



143, c'est une façon de compter, on peut aussi dire que j'en suis resté à 48. N'importe quel autre chiffre pourrait tout aussi bien se justifier d'une façon ou d'une autre.



Alice-Gabrielle Maline de Sainte-Florentine 25/08/2012 10:59

Kantia, c'est joli. Kant avait-il un nom provenant de ce fleuve?
Nous prenons tous source quelque part... Moi c'est dans un petit village, perdu au fin fond d'un trou Lorrain...
Mais si nul n'est prophète en son pays, je me suis auto-proclamée reine du mien. Le pouvoir, ça se prend ou ça se vole, n'est-ce pas? (en monarchie du moins...)

Et puis cela a ses avantages, mes serfs récoltent pour moi les fruits de la terre, ce qui m'évite de salir mes blanches mains. Et mes gueux m'aiment malgré tout, car j'ai été fort belle étant jeune
et point trop cruelle (je ne fais pendre que les violeurs et les assassins. Je ne goûte point la corde pour les maladrins, quand j'espère que leur âme soit sauvée par les Dieux...)

Continuez sur la voie de la sagesse jeune Gaston, c'est la seule qui aie un sens, même si j'ai mis 128 ans à m'en rendre compte...

Amicalement
Alice-Gabrielle Maline de Sainte-Florentine
Duchesse de Bar et porteuse de Bonnet (je ne suis point encore assez riche pour m'offrir un diadème, mais cela ne saurait tarder...)

Gaston Eugéniste 26/08/2012 01:00



Jeune, jeune, d'après ma biographie (qui se résume à un mot et deux
dates), je suis né en 1869. Et mort en 1917, mais c'est un détail. Un jour j'expliquerai (peut-être) ce prodige.