La souillon des bas-fonds

Publié le par Gaston Eugéniste

Dans la plus infâme sentine
Où grouillent d'affreux barakis
Je croise cette galopine
Une jolie nymphette qui,
Ayant retroussé son jupon,
Avec un charme sans pareil
S'applique à la manducation
De l'ongle de son gros orteil

Voyant que je suis arrêté,
Que je regarde, fasciné
Ses dents croquer la kératine,
Sa triste mine s'illumine
L'onychophage créature
Semblant encline à la luxure
Me conduit à son gynécée
Promettant la félicité

Feignant de faire des ablutions
Elle s'enquiert de mes intentions,
Disant que ma bourse replète
M'ouvre les voies les plus secrètes

Quand sur sa couche assis tous deux
Nous nous regardons dans les yeux,
Mes artères irriguent mon être
D'un stupre hérité des ancêtres

Après de longs cataglottismes,
Je suis secoué de vomiques
Ma bouche est souillée d'immondices,
Viciée de miasmes caséiques

Le suçoir de cette souillon
N'a jamais rencontré de brosse
"Je peux t'accorder mon pardon
Mais cache tes chicots atroces
Garnis de micose plantaire
Ôte donc plutôt ta culotte"
Lui dis-je en commençant à traire
Ses majestueuses totottes

L'infundibuliforme con
Qui s'offre alors à mon regard
M'incite à la pédication,
Hélas le breneux déchargeoir
Qu'elle m'offre en guise d'arrière-train
Provoque en moi un haut-le-coeur,
Je maudis la jeune putain
Et m'en vais me vider ailleurs

Publié dans Poèmes

Commenter cet article