De la Canche à l'Authie
De la Canche à l'Authie
Des corps à la dérive
S'échouent en grappes noires
De goémon humain
Ces tas de chairs putrides
Que tous les crabes esquivent
Constelleront les plages
Pour de nombreux matins
Sur les digues s'amassent
Les riverains inquiets
Scrutant, pupille lasse,
Tentant de déceler
Qui un frère, un ami,
Qui un père, un amant
Pour sauver de l'oubli
Quelque vieux sentiment
Mais bientôt les bulots
Auront sucé les os
Qui, moulus par le vent,
Feront le sable blanc
Où joueront les enfants
Les yeux vers le Ponant
Où l'aqueux cimetière
Retient pères et mères
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