Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 19:27

Deux corps oblongs, le derme blanc
Dérivent au gré du courant
Flottant, portés par l'onde claire
Glissent doucement vers la mer
L'oeil distrait, les voyant de loin
Distinguerait deux lamantins
Mais toi, qui flâne sur la rive
Vois que ces deux corps qui dérivent
Sont des lambeaux de chair humaine
Que l'âme a fui, criblée de haine

Par Gaston Eugéniste - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 18:58

Entre les oyats fouettés par le vent
Les corps détrempés de jeunes amants
S'interpénètrent avec brutalité
Etreinte animale au creux de l'été

Un enfant s'en revenant de la pêche
Besace pleine de crevettes fraiches
A l'esprit extirpé des rêveries
Par des grognements, des plaintes et cris

Il axe son pas vers les hautes dunes
Pupille dilatée, baignée de Lune
Scrute les reliefs de sable serein
Les tripes nouées d'un plaisir malsain

Le curieux bambin aux pensées fertiles
Est bientôt enflé du membre érectile
Se pensant témoin de la cruauté
D'un prédateur avide de beauté

Soudain, au détour d'un sommet touffu
Surgit un diorama incongru
Aux yeux du petit qui, coeur palpitant
Ose à peine voir le jeu des amants

Repu de ce qu'il croit être homicide
Il galope au village, langue avide
Trouvant ses parents assis près de l'âtre
Il décrit les jeunes corps qui folâtrent

Les vieux sortant de leur molle torpeur
Y voient un attentat à la pudeur
Ainsi qu'un moyen de se dégourdir
En trouvant les gueux pour les estourbir

Tâchant de rallier les honnêtes gens
A leur goût de faire couler le sang
Ils parcourent les rues, frappent aux portes
Prenant un air grave tout deux rapportent:

"Là-bas dans les dunes deux libertins
Se font des attouchements importuns"
De ces dodus villageois plus un seul
Ne jouit d'amour, leurs draps sont des linceuls

Bientôt une meute armée jusqu'aux dents
D'objets disparates mais contondants
S'avance torche au poing dans la nuit claire
Coulant sur le chemin comme une glaire

Les amants repus, tous deux face au ciel
En riant s'embrassent, ignorants du fiel
Qui les noiera d'une vague puante
Suivant le juvénile sycophante

Par Gaston Eugéniste - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 18:23

La corne de brume au loin résonne,
Annonce funestement l'automne
Le ciel se couvre de mousse blanche
Les feuilles roussissent sur les branches
Bientôt des squelettes décharnés
Etendront leurs membres d'araignées
En une prière au tout puissant
A laquelle répondra le vent

Par Gaston Eugéniste - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 18:19

De la Canche à l'Authie
Des corps à la dérive
S'échouent en grappes noires
De goémon humain
Ces tas de chairs putrides
Que tous les crabes esquivent
Constelleront les plages
Pour de nombreux matins

Sur les digues s'amassent
Les riverains inquiets
Scrutant, pupille lasse,
Tentant de déceler
Qui un frère, un ami,
Qui un père, un amant
Pour sauver de l'oubli
Quelque vieux sentiment

Mais bientôt les bulots
Auront sucé les os
Qui, moulus par le vent,
Feront le sable blanc
Où joueront les enfants
Les yeux vers le Ponant
Où l'aqueux cimetière
Retient pères et mères

Par Gaston Eugéniste - Publié dans : Poèmes
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Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 20:36

L'un seul, l'autre absent
Fripés, plus de dents
Linceul, oreiller
Chacun son côté
Un vieux continent
Deux incontinents
L'un à la dérive
L'autre veut qu'il vive

Par Gaston Eugéniste - Publié dans : Poèmes
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